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Blessures au padel : épaule, coude, genou — les prévenir

Les blessures les plus fréquentes au padel, leurs causes techniques et matérielles, et ce que l’échauffement, le geste et l’équipement peuvent éviter.

Par La rédaction
Silhouette d'un joueur de padel avec les trois zones les plus exposées aux blessures : l'épaule, le coude, le genou et la cheville.

Le padel a la réputation d’un sport accessible, et il l’est. Mais il enchaîne des gestes que peu d’autres sports combinent : des frappes au-dessus de la tête à répétition, un service par en dessous qui sollicite l’épaule autrement, des appuis courts sur un sol qui glisse et des blocages contre une vitre. Trois zones concentrent la majorité des arrêts : l’épaule, le coude, les membres inférieurs. Chacune a une cause principale, et chacune se prévient en grande partie.

Cet article décrit des mécanismes et des principes de prévention. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé : une douleur qui s’installe se consulte.

L’épaule : les coups au-dessus de la tête

Le padel se joue beaucoup en hauteur — bandeja, víbora, smash — et ces coups sollicitent l’épaule dans une position où elle est vulnérable, bras levé et en rotation. Répétés des dizaines de fois par match, souvent avec une technique approximative, ils irritent les tendons de la coiffe des rotateurs.

Les causes les plus fréquentes : une préparation trop tardive qui oblige à frapper en arrière du corps ; un coude qui descend pendant la frappe ; une pala trop lourde ou équilibrée trop haut pour le bras ; l’absence d’échauffement spécifique de l’épaule.

La prévention : échauffer l’épaule avant la première bandeja, avec des rotations progressives puis quelques frappes à mi-vitesse. Travailler la préparation tôt, pala déjà en position quand la balle monte. Et accepter, quand l’épaule tire, de jouer une bandeja de contrôle plutôt qu’un smash.

Le coude : le poignet qui compense

L’épicondylite — le « tennis elbow » — existe aussi au padel, et pour la même raison : le poignet fait le travail que le bras ne fait pas. Une pala tenue trop serrée, un manche trop fin, des frappes décentrées qui vibrent dans l’avant-bras, un noyau trop dur : tout cela finit dans le coude.

La prévention est d’abord matérielle : un manche à la bonne circonférence, éventuellement épaissi d’un surgrip ; une pala à noyau souple ou moyen ; une forme ronde qui pardonne les décentrages. Puis technique : un poignet ferme mais pas verrouillé, la frappe portée par le bras et la rotation du buste. Un enseignant repère en une séance le poignet qui compense ; une vidéo ne le montre presque jamais.

Genoux et chevilles : les appuis et la vitre

Le padel est un sport de déplacements courts, latéraux, freinés. La cheville se tord sur un appui mal posé ; le genou souffre des blocages brusques, notamment quand on freine contre la vitre ou qu’on se retourne pour jouer une balle sortie. Le sol sablé ajoute la glisse.

La prévention commence par la chaussure : une vraie chaussure de padel — semelle à chevrons qui accroche le sable, contrefort rigide, renforts latéraux — évite plus d’entorses que n’importe quel exercice. Une chaussure de running, faite pour aller tout droit, n’offre aucun maintien latéral. Ensuite, le renforcement : fessiers, quadriceps, mollets, et un travail de proprioception — se tenir sur un pied, yeux fermés, trente secondes — que l’on peut faire chez soi. Enfin, la technique de déplacement vers la vitre : petits pas, et non une grande foulée qu’on freine au dernier moment.

Frise de l'échauffement en cinq étapes : cardio léger, mobilité, déplacements, frappes douces, puis coups au-dessus de la tête en dernier.

Le dos : la rotation et la fatigue

Moins fréquent, mais réel : les lombaires souffrent des rotations répétées et de la position fléchie en défense. La fatigue aggrave tout — la plupart des blessures de dos surviennent en fin de match, quand la posture se dégrade. Le gainage est la réponse la plus efficace, et il ne demande pas de matériel.

L’échauffement : ce qu’il doit contenir

Un bon échauffement au padel dure le temps de monter progressivement en intensité, et comprend dans l’ordre : une mise en route cardiaque légère, une mobilisation des articulations (chevilles, hanches, épaules, poignets), des déplacements spécifiques (pas chassés, appuis, freinages), puis des frappes à vitesse croissante, en terminant par les coups hauts. Sauter directement du vestiaire au smash est la première cause de douleur d’épaule chez les joueurs occasionnels.

Le surentraînement des débutants enthousiastes

Le padel donne envie de jouer tous les jours. Un corps qui découvre ces gestes a besoin de récupérer entre les séances : les tendons s’adaptent plus lentement que l’envie. Deux séances par semaine avec un jour de repos entre elles valent mieux que quatre enchaînées.

Questions fréquentes

Pourquoi le coude fait-il mal au padel alors que je ne frappe pas fort ?

Parce que la douleur du coude vient rarement de la force, mais de la compensation : un poignet qui travaille à la place du bras, une pala tenue trop serrée, un manche trop fin, des frappes décentrées qui vibrent dans l’avant-bras. C’est d’abord une question de matériel et de geste, pas de puissance.

Combien de fois par semaine peut-on jouer quand on débute ?

Deux séances avec un jour de repos entre elles sont un bon rythme. Les tendons s’adaptent plus lentement que l’envie, et la majorité des douleurs des débutants enthousiastes viennent de quatre séances enchaînées la première semaine.

Une douleur à l’épaule après le smash, c’est grave ?

Une gêne passagère après une séance intense est fréquente. Une douleur qui revient à chaque coup haut, qui persiste au repos ou qui gêne la nuit doit être vue par un professionnel de santé. En attendant, jouer les balles hautes en bandeja de contrôle plutôt qu’en smash.

À retenir

  • Épaule : échauffer avant le premier coup haut, préparer tôt, adapter le poids de la pala.
  • Coude : manche à la bonne taille, noyau souple, poignet ferme sans être verrouillé.
  • Genoux et chevilles : des chaussures de padel, du renforcement, des petits pas vers la vitre.
  • Dos : du gainage, et savoir s’arrêter quand la posture lâche.
  • Un échauffement progressif qui finit par les coups hauts, jamais qui commence par eux.
  • Une douleur qui s’installe se consulte.

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